Laboratoires de l'art, un espace d'échange artistique et scientifique

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Laboratoires de l’art est une exposition qui nous vient du Luxembourg. Elle propose, d’observer au musée des arts et métiers jusqu’au 4 septembre prochain, les liens entre art et sciences, entre techniques et créations.
Quand le mathématicien rencontre l’artiste contemporain
Laboratoires de l’art a été pensée sur la cohérence qu’il existe entre l’apport scientifique et la création artistique. Pour mettre en lumière ce contexte d’échange et de partage entre les artistes, les ingénieurs et les scientifiques, le Musée a mélangé les œuvres et les objets afin de jouer sur les temporalités. Il n’est donc pas étonnant d’y voir un outil crée par le mathématicien Charles Eugène Catalan vers 1865, et de croiser plus tard une sculpture de l’artiste contemporain Olafur Eliasson.
L’exposition s’ouvre sur plusieurs chapitres : Invitation à l’expérience, Formes déployées, Jeux d’optique, arts et métiers-Cnam/photo Philippe Hurlin Manifestations de l’invisible et Figures acoustiques, à l’image d’un véritable laboratoire de créations.
Cinq laboratoires, cinq démarches expérimentales
Invitation à l’expérience est la première partie de ce parcours de découverte. L’artiste Piotr Kowalski ouvre le bal avec un projet architectural proposé dans le cadre d’un appel d’offres pour réaménager le quartier de la défense, en 1974. A travers une maquette colorée et lumineuse, nous pouvons voir de plus près cette étude préparatoire qui avait pour but d’apporter une vision cosmique et scientifique au quartier d’affaires, puisqu’elle permettait au visiteur de prendre conscience de la rotation de la Terre à travers un système élaboré. Un projet qui n’a jamais vu le jour, et c’est bien regrettable !
L’espace dédié aux Formes déployées nous fait prendre conscience de la place fondamentale qu’occupe la géométrie chez les scientifiques et les ingénieurs, et qui influence encore aujourd’hui beaucoup d’artistes. Les installations présentées, qu’elles soient consacrées à la ligne ou au mouvement, font écho à cette discipline. C’est le cas de la Reticularea Cuadrada réalisée par l’artiste Gego en 1977 ; une sculpture faite d’acier et métal formant un réseau de ligne volumineux et qui est l’une des nombreuses abstractions géométriques de l’artiste. De la même manière, les objets scientifiques possèdent une esthétique insoupçonnée dans leur conception, comme avec ces polyèdres datant de 1865, figures géométriques utilisées à l’époque pour enseigner la géométrie, mais qui pourraient aujourd’hui tout à fait passer pour des créations design.
Polyèdres, figures géométriques, Eugène Charles Catalan, 1865

S’ouvrent ensuite les Jeux d’optique, où l’on se laisse porter par des expériences réalisées autour de la lumière et de la vision. On peut d’ailleurs y voir l’ancêtre de la 3D, sont nommées : les figures géométriques stéréoscopiques réalisées par Louis Jules Duboscq vers 1850, rien que ça !
Les Manifestations de l’invisible nous renvoient à tous ces phénomènes naturels qui nous fascinent ou nous interrogent et qui finissent par devenir un sujet d’étude pour les scientifiques et une source d’inspiration pour les artistes. Un néon traversant une roche, des photographies d’étincelles, ou encore un rondin de bois suspendu au plafond, tout cela ne vous dit rien ? Et pourtant, chacune de ses installations possède un rôle bien visible ! Prenons l’œuvre d’Anne Marie Jugnet et d’Alain Clairet intitulée Sante Fe NM32c et réalisée en 2003. On pourrait y voir une simple tâche colorée sur un fond noir, mais celle-ci nous transporte dans les années 2000 à l’époque des téléviseurs à tube cathodique et fige ce moment où l’extinction de l’appareil faisait apparaître un point lumineux sur fond noir durant quelques secondes.
Anne Marie Jugnet et d’Alain Clairet intitulée Sante Fe NM32c, 2003
La dernière salle est destinée aux Figures acoustiques, et plus précisément à la nature des sons et leur propagation. Véritable champ d’étude, le son marque également le domaine des arts plastiques lorsque celui-ci peut se retranscrire visuellement. C’est le cas de l’œuvre Passionnément réalisée par Piotr Kawolski en 1999 qui permet de restituer la tridimensionnalité de ce même mot à l’aide de plusieurs lames de verres, un système impressionnant.
Passionnément réalisée par Piotr Kawolski,1999
De manière générale, il faut parfois s’accrocher en lisant certains cartels, tant la complexité de l’œuvre est grande. (On aurait presque envie de télécharger en cachette le livret pédagogique de l’exposition destiné aux enfants, pour mieux comprendre…).Cependant, les époques et les disciplines se répondent de manière harmonieuse et cohérente, pour une invitation à l’expérience dans ces Laboratoires de l’art un peu courte mais grandement réussie !
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Laboratoires de l’art
Musée des arts et métiers
Jusqu’au 4 septembre 2016
60 Rue Réaumur, 75003 Paris

Article à retrouver ici ==> http://untitledmag.fr/laboratoires-de-lart/

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