Le graphiste de la semaine #5

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#5, Julien Renard, Illustrateur & Graphiste @ Bordeaux




Pour notre 5ème rubrique du "Graphiste de la semaine", nous vous présentons Julien Renard, illustrateur et graphiste basé à Bordeaux. Son travail nous rappelle les décors rétro de films américains où l'atmosphère est sombre et les lumières crues et colorées, pour un résultat très esthétique. En freelance depuis peu, Julien souhaite à terme associer sa passion pour l'illustration à celle du cinéma.

Quel est ton parcours ?

Après un Bac STI Arts Appliqués, j'ai intégré le DMA Cinéma d'Animation de l'Ecole Estienne, à Paris. Ce cursus, sur deux ans, m'a permis de me former aux différents métiers de l'animation et d'appréhender le processus de création d'un film, que ce soit l'écriture d'un scénario, le concept-art et bien entendu l'animation en elle-même. 
Ce cursus étant axé principalement sur la 3D, j'ai également pu découvrir toutes les étapes propres à cette technique.
Mon diplôme en poche, j'ai choisi de revenir sur Bordeaux pour me consacrer à mes projets personnels, notamment de l'illustration. 
J'ai ensuite travaillé quelques temps avec l'agence Les Pirates Bordeaux, sur du graphisme, motion-design et un peu de montage vidéo, avant de me mettre en freelance.
Depuis je travaille sur des contrats par-ci par-là et en parallèle, je me forme au métier de décorateur cinéma en prenant part à des tournages.

Quelles sont tes influences ?

Une de mes principales influences me vient de l’imagerie véhiculée par les États-Unis. J’aime représenter des lieux paumés, délaissés des touristes, des ambiances, souvent nocturnes, d’Amérique perdue, profonde, désertée, complètement à l'opposé des images et clichés de cartes postales. Le tout est généralement baigné d'une esthétique années 60 pour laquelle j'ai une grande affinité.  
De nombreuses sources d’inspiration viennent influencer cet univers, qu’elles soient cinématographiques, avec les films des frères Coen, de Vincent Gallo, de Clint Eastwood, picturales, notamment avec les œuvres d’Edward Hopper ou encore photographiques, avec le travail de Gregory Crewdson, Joannie Lafrenière  ou Stephen Shore.
A cette influence majeure viennent s'ajouter celles du cinéma en général, de l'architecture aussi, et d'illustrateurs-trices comme Mike Dutton, Lili Des Bellons, Taylor Mazer, Daniel Savage, Max Dalton et de nombreux autres.

Tu fais partie du collectif d’artistes Sauvage Garage, peux-tu nous en dire plus ?




C'est un collectif qui regroupe 24 membres, d'horizons artistiques divers : il y a des illustrateurs, des graphistes, des dessinateurs, des écrivains, des architectes, des photographes, des créateurs. 
Le but est de mettre en avant les affinités et outils d'expression de chacun, de créer des collaborations, des interactions entre les membres et leurs univers, au travers de projets communs, d'expositions avec des thématiques. 
Il a été crée à la base à Bordeaux, mais il s'est exporté au grès des déplacements des membres, ce qui permet d'ouvrir les lieux d'expositions potentiels, de monter des projets nouveaux, dans des villes nouvelles, de rencontrer de nouvelles  personnes avec qui collaborer.
C'est un groupe où il y a une grande émulation artistique, où l'on peut échanger, créer, expérimenter sans contraintes, sans se prendre la tête, ce qui donne des projets divers et singuliers. 
Un de notre projet phare et récurrent, appelé Sauvage Tapage, consiste à nous rendre à des concerts, soirées, festivals grâce à des accréditations pour faire des résumés sous forme de reportages graphiques et illustrés,
Je mets les liens plus bas et et je vous invite vraiment à aller voir nos différents projets ainsi que les travaux des membres, qui sont tous talentueux. 

Quelle est ta journée type ?

Je commence généralement la journée par une veille graphique, qui me permet de découvrir de nouveaux graphistes et illustrateurs, de nouveaux styles qui vont potentiellement m'inspirer ou de suivre l'avancée de projets en cours.
Ensuite, soit je continue une commande en cours, soit je consacre du temps à mes projets personnels, en réfléchissant ou en commençant une nouvelle illustration.Travailler de chez-soi a certains avantages, on s'organise comme on veut.
J'essaie aussi de me consacrer un moment « culture cinématographique » en regardant un film, histoire d'enrichir mes sources d'inspiration.
Le reste de la journée est rythmée selon les éventuelles réunions, soit avec le collectif pour discuter de la prochaine exposition, soit avec de nouveaux contacts pour de potentiels projets.


Choisi un de tes travaux / projets, et explique-nous pourquoi c’est ton préféré.




Il y a deux ans, j'ai participé à un workshop sérigraphie à la fac, dans le cadre des 50 ans du jumelage entre Bordeaux et Los Angeles.
Nous avons été une dizaine à réaliser une série d’affiches sérigraphiées représentant nos visions respectives, et complètement différentes, de la Californie et de la ville de Los Angeles.
Soleil, chaleur, palmiers, plages, Hollywood et ses célébrités étant ce que m’évoque cette ville, j’ai choisi de représenter tous ces « clichés » au travers de vignettes, pensées comme des mini narrations et mises en scène. 
J'ai pris beaucoup de plaisir sur ce projet, car c'était la première fois que je faisais de la sérigraphie, et c'est une technique vraiment cool.
Et puis ca a donné lieu ensuite à ma première vraie exposition, au musée d'art contemporain de Bordeaux. Donc un projet important pour moi et qui me tient à coeur.

Quels sont tes plans pour l’avenir ?

Ils sont assez nombreux mais il y a en a 2 qui me tiennent à coeur:
Pouvoir associer ma passion pour l'illustration et le cinéma en travaillant en tant que concept-artiste ou décorateur sur de longs métrages.
J'aimerai aussi beaucoup refaire un court-métrage d'animation mais il faudrait que je trouve des personnes partantes, parce que seul ça représente beaucoup de boulot ! 

Coup de cœur du moment ? 



J'ai découvert récemment le travail de Marie-Laure Cruschi (studio Cruschiform), par le biais du livre Cabins, édité par Taschen, qu'elle a superbement illustré. 
J'adore la façon dont elle utilise et imbrique les formes et couleurs, ainsi que ses compositions dynamiques et très graphiques. Elle a un univers vraiment poétique, un peu retro auquel j'accroche totalement. 

Ce que tu écoutes en travaillant ?

C'est assez varié et ça dépend du moment, de l'envie: My Morning Jacket, Tame Impala, Paradis, Kaytranada, Jamie XX, Pink Floyd, Junip, Moderat... 
Je n'arrive pas à concevoir de dessiner sans musique et généralement elle inspire pas mal de mes illus. Celle sur laquelle je travaille en ce moment, par exemple, est inspirée du titre "Line of Fire" de Junip.

Un conseil à donner / message à faire passer ?

Hum... Je dirai qu'il faut surtout rester passionné, c'est important pour tenir, face un milieu artistique parfois difficile et ça aide à s'accrocher.
Contrairement à ce qu'on peut entendre ou voir, ne pas hésiter à accepter des projets pas forcément bien payés au départ, parce que ça aide à se faire la main et à acquérir les connaissances.

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