Oracles du Design (3 avril - 16 août 2015)

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« […] La culture du design est définie par la création de formes empreintes d’une vision à long terme, de matières dont la tactilité interroge, de finitions qui anticipent les courants contemporains de l’esthétisme. Ainsi, le design est un acte créatif qui nous correspond mais également un acte réactif aux signes précurseurs de l’avenir. De ce fait, il peut être perçu comme annonciateur des courants de vie et considéré comme un prophète de notre époque, capable de préfigurer notre futur. »

Lidewij Edelkoort, commissaire de l’exposition

Voici un bout de l’édito que nous est donné à l’entrée de l’exposition « Oracles du Design » qui se trouve à la Gaîté Lyrique jusqu’au 16 août 2015. L’oracle de l’ancienne pythie de Delphes s’est transmuté en chaise de Kawabuko pour nous conter notre avenir. Le design, comme la mode, serait le reflet de notre époque et de nos habitudes, ainsi Lidewij Edelkroot nous propose de découvrir ce monde qui nous entoure à travers un parcours d’exposition en dix thèmes : archaïque ; nomade ; abstrait ; naïf ; curieux ; simple ; gonflé ; organique ; humble ; mutant.
Toute en sobriété, la scénographie mise en scène par Clémence Farrell, nous offre la possibilité d’observer les objets de notre quotidien (un téléphone, une table, des chaises…) dans un décor clair et spacieux, mais aussi d’en découvrir d’autres un peu plus saugrenus tels qu’un lapin empaillé ou la célèbre lampe Gun de Starck. Le ready-made de Duchamp est bien là, en face de nous. 

A travers cette exposition est questionnée la place de l’objet dans notre quotidien, mais aussi son sens dans nos vies. A l’heure de la dématérialisation de tous les supports, nous sommes de plus en plus matérialistes et avides de possession. La commissaire de l’exposition ajoute même que « plus notre vie est virtuelle, plus nous avons besoin de matériel. Nos doigts recherchent des choses tactiles ; on veut du grain partout : dans ce que l'on mange, dans les savons, dans les plastiques. Le design hypermatérialise les objets pour répondre à ce besoin. Le choix de la matière est presque devenu plus important que la forme ou la fonction.»1
Nul besoin de suivre précisément la signalétique pour pouvoir comprendre le sens profond de l’exposition, il se donne à nous naturellement. L’accumulation, l’amoncellement, la transformation ou bien même l’abstraction des objets qui nous sont présentés témoignent de la force de notre  rapport à eux qui détermine notre environnement quotidien, et qui nous laisse contempler une partie de notre évolution. Cette chaise Kawabuko serait-elle clairvoyante ? Seul l’avenir nous le dira.

Le + de l’exposition : nous avons adoré le bloc de papier qui offre une présentation personnalisée de chaque thème, ainsi que les légendes des œuvres exposées. Très astucieux ! 


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